Prendre 24h pour se rendre à Paris? Hé oui, c'est possible! Je l'ai fait! Petits flocons qui bloquent les aéroports européens depuis des semaines? Même pas! «Un bris technique», qui a obligé la compagnie à changer d'avion. Résultat : départ à minuit au lieu de 19h30. Mais, comme je faisais une escale à Londres, j'ai «loupé» ma correspondance (je n'ai pas pris l'accent, ne vous en faites pas, mais des expressions, ça commence!). Après avoir attendu quelques heures à Dorval, même scénario à Heatrow, Londres. À dépenser des pounds et à semi dormir sur des bancs. Cinq heures d'attente pour 40 minutes de vol, qui m'amènent finalement dans la ville lumière.
À l'arrivée, il ne me restait plus qu'à prendre deux petits RER (trains de «régions») pour me rendre chez mes amis, à Versailles, qui m'ont chaudement accueilli. Ça faisait du bien d'arriver! J'ai dormi jusqu'à 13h le lendemain. Je crois que j'en avais besoin! Les jours qui suivirent furent rempli de promenades dans Paris et dans Versailles, et d'un jour de l'an fastidieux dont je ne pensais jamais me remettre tellement j'avais le ventre plein! Mais, comme ça nous a pris environ trois heures à rentrer à Versailles, car à Paris, 1) les métros étaient fermés 2) il n'y avait pas de bus 3) tout Paris cherchait un taxi, donc il n'y en avait pas, nous avons bien digéré. J'avais même faim le lendemain!
Dimanche, j'ai dis au revoir à mes charmants amis, pour prendre la direction du nord, vers Lille, où je commençais les cours dès le lundi, à 9h. Tout un début : 15 minutes après le début du cours, je devais partir faire un reportage radio, à remettre pour 16h. Dans une ville que je connaissais pas, avec des équipements inconnu, et pour couvrir une actualité locale que je n'avais pas pris le temps d'étudier. Et comme tout le monde avait une tombée, l'aide était plus ou moins au rendez-vous. Je m'en suis finalement sortie, en rendant mon reportage à 19h...Une première journée éprouvante, qui m'a fait réaliser que ma phase d'adaptation était plus forte que je ne l'aurais pensé. Mais déjà, le deuxième jour, j'étais un peu plus à l'aise et les 14 filles sur 15 de mon groupe ont été bien «sympas» avec moi. Le mercredi, nous avons eu droit à un petit «pot» pour présenter les québécois (nous étions 2 et demi sur 4, mais bon...). Cidre et galette des rois, ç'a fait du bien et m'a donné l'occasion de discuter avec plus de gens, dans un cadre plus informel.
J'ai beau être dans une école très prestigieuse, on ne peut en dire autant de l'équipement technologique, qui est vieillot et qui fonctionne une fois sur deux. Surprenant. Heureusement, il y a le technicien «Phiphi» (qui boit et qui est un peu louche, mais bon, il fait son travail...). Les élèves sont jeunes mais gentils. Ce n'est pas toujours évident de s'intégrer dans un groupe formé depuis septembre. les dynamiques de groupes sont déjà formées, mais rien n'est impossible! Mon école est vraiment très pratique, ça change de Québec, et c'est super. Je sens que je vais beaucoup apprendre. La semaine prochaine : télé! J'ai bien hâte de voir comment je vais m'en tirer!
Pour le reste, en résumé : Lille est une très jolie petite ville. On y voit pas souvent le soleil, mais c'est quand même agréable de s'y promener, et malgré mon légendaire sens de l'orientation, je commence à m'y repérer!
Je n'ai toujours pas trouvé d'appartement, j'ai logé chez deux amies à date, mais j'ai trouvé une chambre dans une genre d'auberge espagnole, à deux pas de mon école dans le centre-ville. Je dois rencontrer la propriétaire demain (dimanche), et j'espère qu'elle m'aimera assez pour me laisser prendre la place!
Voilà. Je sais que je n'ai pas donné beaucoup de nouvelles depuis mon arrivée ici, et que là, j'écris un roman, mais j'étais prise dans le tourbillon de mon arrivée. Je tenterai d'écrire plus souvent sur ce blogue, et bientôt, des photos suivront!!!
N'hésitez pas vous non plus à me donner des nouvelles, j'en veux!!!
À la prochaine aventure!
29 avril 2011
La moitié du chemin
Je ne sais pas ce qui s'est passé avec les autres messages que j'avais écrits sur cette page, c'est étrange. Je ne sais pas où ils sont passés...
Bref, la dernière fois que je racontais mes aventures (et je sais, ça fait beaucoup trop longtemps, je tenterai vraiment de me reprendre pour les mois qui restent), je revenais du Portugal.
Depuis, beaucoup, beaucoup de choses, surtout des voyages. Que je ne raconterai pas en détail ici (parce que ce serait plus qu'un roman!). Mais en gros, j'ai continué ma petite vie à Lille. J'ai beaucoup appris, surtout en télé, que je n'avais jamais expérimentée. Je me suis finalement attaché à bien des gens, entre autres mes colocataires, que j'ai quitté le coeur gros. Plusieurs personnes de l'école aussi. J'ai passé la dernière semaine à pleurer, c'est pour dire! Trois mois c'est très vite passé, mais c'est assez aussi pour connaître des gens, les apprécier et savoir qu'ils nous manqueront quand on part! Surtout que malheureusement, nous ne retrouverons aucun étudiant de Lille en septembre à Québec. C'est bien dommage, mais c'est comme ça.
Ma cuisine
Lille
En février, pendant notre semaine de vacances, une autre destination soleil avec ma superbe compagne de voyage Caroline : Chypre. Une petite île dans la Méditerranée, au sud de la Turquie. Un pays, divisé entre les Grecs et les Turcs. Nous y passons une très belle semaine. Il fait chaud et beau. Nous avons une voiture, ce qui sert extrêmement bien. Nous voyons des coins que nous n'aurions jamais pu voir autrement. Des cafés à profusion, du bon poisson, et même, du camping, malgré le froid de la nuit et l'abandon des dits camping, ce qui rend nos nuits un peu stressantes, ne sachant pas si nous avons le droit d'être là ou non. Mais les Québécoises en nous tiennent mordicus à faire du camping! Du côté turc, dans le nord de l'île, nous ne prenons pas le risque. L'unique camping est trop glauque (et dans le stationnement où nous arrêtons, il n’y a qu’une seule autre voiture, dans laquelle un homme pratique des noeuds coulants avec une corde…).
Cela dit, il est vraiment intéressant de voir un pays divisé en deux, avec deux cultures très différentes : une langue, une monnaie et une façon d'être bien distincte. Et surtout, une bonne dose de soleil! Un bien immense après la grisaille de Lille, qui finissait par nous miner le moral.
En quittant Lille, début avril, je pense aller faire un tour vers le sud de la France, comme je rejoins ensuite ma famille à Barcelone, mais mes plans vers toujours plus de soleil échouent. Tant qu’à être dans le nord, je décide donc d’aller à Londres, voir mes deux collègues et amies de maîtrise qui étudient le journalisme là-bas. Et quelle n’est pas ma surprise, en arrivant dans la capitale britannique, où je ne suis jamais allée, qu’il y fait un temps absolument radieux!? J’avais en tête le mythe qu’il pleuvait toujours à Londres. Que Nenni! J’attrape même quelques coups de soleil!
Après tous les incontournables (Buckingham Palace, Westminster, Big Ben…) et les préparatifs grandioses du mariage de William et Kate (le 29 avril, pour ceux qui ne le savent pas), un tour dans les quartiers de cette ville que j’ai adoré me permet de la découvrir encore plus. Bières (ou plutôt cidre, car après trois mois à Lille, j’en ai soupé de la bière) dans les pubs, fish and ships, promenades dans les marchés (Covent Garden et Notting Hill), fous rires et retrouvailles entre amis…un voyage merveilleux. TRÈS cher, mais quand on est en bonne compagnie (et qu’on prend le bus au lieu du train), ça passe mieux! Clou de mon séjour londonien : un MUSICAL!!! Il y en a des millions à Londres. Nous avons choisi The Lion King. Et je vous jure, c’est G-É-N-I-A-L. Des décors humains, des voix, des décors et des costumes fantastiques, je sors de ce spectacle enchantée! Quelle belle dernière journée, clôturée par un souper grandiose chez l’amie qui me loge. Paella, en équipe avec ma compagne de voyage (qui elle étudie le journalisme en Belgique). Pour une première, c’est mangeable.
Parlant de paella, je me trouve aujourd’hui dans le pays qui en fait sa spécialité ; l’Espagne. Après Londres, quelques jours à Paris me permettent de retrouver mon père, mon frère et quelques amis, d’y laisser des bagages et de me préparer pour l’Afrique. C’est ainsi que le 16 avril, jour de mes 29 ans, je retrouve toute ma famille en plein coeur de Barcelone, dans le quartier d’El Raval, pour y passer une semaine dans un appartement.
Retrouver ma famille, à mi-chemin de mon périple, me remplit de joie. Il y a bien plus de dix ans que nous ne nous sommes pas retrouvés tous ensemble, rien que les cinq. Les premiers jours demandent un peu d’adaptation, de part et d’autre, mais somme toute, nous nous entendons à merveille, et je suis sûre que bien des familles ne seraient pas capables de voyager ensemble. Barcelone est définitivement mon coup de coeur à date, avec Londres. Sa diversité, son architecture (je suis archi fan de Gaudi), sa vie, son rythme, sa culture, tout m’enchante. Nous profitons autant des attractions touristiques que de la vie nocturne…Le 24 avril, jour de Pâques, nous prenons la direction de Gariguella, un petit village dans le nord de la Catalogne, à quelques pas de la frontière française. Un autre appartement, où le rythme change complètement. Expéditions à la mer et à la montagne, longue nuit de sommeil, écriture, lecture…Ça fait du bien. Les paysages sont époustouflants. Entre la Méditerranée et les Pyrénées, tout est agréable pour les yeux. Et il fait de plus en plus chaud!
Jeudi, retour à Barcelone. Je profite des derniers jours, car samedi le 30, je prends l’avion pour Dakar.
C’est la deuxième phase de mon voyage qui commence…et mes stages. J’ai bien hâte. De voir le Sénégal, de m’y adapter, de, j’espère, être sur le terrain pour faire le métier que j’apprends et que j’aime de plus en plus…
Mon moral est bon. Je m’ennuie des gens que j’ai laissés derrière, mais je tente de regarder en avant, sans bien sûr les oublier, car il y en a parmi eux qui resteront, je le sais, dans ma vie, peu importe le temps et la distance.
Il me reste trois mois de voyage, avant de rentrer au bercail, et même pas, car je retournerai à Quénec…Mais je tente de ne pas trop penser à cette étape pour l’instant.
Je vous promets que je ne réécrirai plus un roman. D’abord parce que j’écrirai plus souvent, et deuxièmement, parce que j’ai bien hâte de vous raconter comment se passe l’Afrique…
À votre tour ; votre vie, vos commentaires…Je vous attends, ici ou dans un courriel!
Prochain message ; en direct de Dakar!
Dakar so far
Salem Aleïkoum (bonjour)!
Voilà déjà une semaine que je vis dans un pays fascinant, que j’aime déjà beaucoup. Dakar est une ville intense, vivante, et indescriptible, tellement ça ne ressemble à rien de ce que l’on peut s’imaginer sans y être, sans y vivre.
Déjà, mon arrivée à l’aéroport donne le ton : porteur qui veulent transporter mes bagages, une heure et demie de retard, et ma valise qui est restée à Casablanca…Mon nouveau petit frère, Papi (Amadou de son vrai nom), m’attend tout ce temps avec Alex, un américain qui vit aussi avec nous…Après l’attente de l’autre vol de Casa (à 5h), un café et ma valise, j’arrive dans ma nouvelle maison à 7h00. Je dors dans une très jolie chambre, sous moustiquaire (mais il y a peu de risques de palu à Dakar). Je me sens comme une princesse.
Le lendemain, je rencontre Mam, la grand-mère de Papi, qui tient la maison. Premier repas dans un grand bol commun ; un bon yassa, un bol de riz avec du poulet très épicé. J’ADORE! La maison est vraiment jolie, bien située, dans un quartier très résidentiel, Amitié 3. Petite visite du quartier et de l’une des nombreuses plages de Dakar. Je suis au paradis, comme j’adore la mer…
Lundi, premier jour de stage. Je comprends rapidement qu’au Soleil, le journal où je fais mon stage, c’est l’heure «sénégalaise». C’est-à-dire que les journées commencent rarement avant 14h00 pour les chefs des différentes sections. Et tout au long de la semaine, alors qu’on m’envoie sur le terrain, les événements commencent en moyenne de une heure à une heure et demie en retard. Personne ne s’en fait. Ici, c’est comme ça.
Tout le monde au Soleil est extrêmement gentil, comme tous les Sénégalais d’ailleurs, qui, mes premiers jours, m’aident à me retrouver (surtout Papi, qui doit venir me chercher chaque jour, car je ne retrouve pas le chemin de la maison…). Il y a peu de femmes au journal, mais je vis dans une société où les femmes ont encore du chemin à faire pour occuper des postes de responsabilité. Je fais des articles sur un peu tout, ce qui me convient. Ça m’apprend énormément sur la ville et la culture sénégalaise.
Depuis que je suis ici, je suis vraiment en mode journaliste. J’ai mille idées à la minute de reportages que j’ai envie de faire et de partager à travers les médias de chez moi, et chaque jour, ma raison d’être en Afrique se confirme ; oui, il y a de la pauvreté et des gens malades, mais c’est TELLEMENT plus que ça, et je tente de le prouver chaque jour. Je rencontre des gens passionnants, avec qui j’ai des discussions vraiment intéressantes sur ce continent, sur le Sénégal, sur les changements, les difficultés et les solutions qui existent. Passionnant, vraiment!
Dakar est indescriptible. Je voulais être dépaysée, je le suis. Chaque jour, chaque minute. Et c’est ce qui me «drive», je m’abreuve de tout ce que je découvre, je vois, j’entends. Ça ne ressemble à rien de ce que j’ai vu auparavant dans ma courte vie, et je crois que c’est bien difficile à expliquer sans le voir par soi-même.
Plusieurs aspects me fascinent ; la cohabitation harmonieuse des religions (chrétiens et musulmans se côtoient sans problèmes, dans l’apparence comme dans la mentalité) ; les transports en commun, nombreux, diversifies, compliqués, formels, informels ; les femmes, tellement élégantes, qu’elles soient en boubous ou en tenues normales (les hommes aussi d’ailleurs) ; la vie dans la rue (on peut TOUT acheter dans la rue, vraiment) ; le soleil, qui tape chaque jour (à mon grand bonheur).
Je ne suis pas encore sortie de Dakar, mais ça ne serait tarder. En attendant, je m’adapte et je découvre cette nouvelle vie, complètement différente de tout, et je m’en inspire…
Je vous tiens au courant de mes prochaines aventures. Vous aussi, faites-le.
Gab la toubab (blanche)
Ma chambre (mais j'en aurai une autre samedi, photos à venir!)
L'une des nombreuses plages de Dakar (Bleu Azur)
24 mai 2011 (il est temps que je mette des dates…)
Magni fi rek (ça va bien) ?
Déjà presque un mois dans ce pays, toujours aussi fascinant, mais qui me rentre dedans. Je ne sais pas si c’est tous les voyages des derniers mois, ou mon adaptation africaine, ou peut-être un peu des deux, mais je ressens une grande fatigue. Et la grande chaleur qui arrive en juin, frôlant les 40 degrés…Je crois que je vais bientôt m’acheter des boubous!
J’ai l’impression d’avoir encore tant de choses à faire et à découvrir, et de n’avoir pratiquement encore rien vu. Mais c’est faux. Je crois que le fait d’être journaliste ici, dans un média local, est la meilleure chose pour découvrir le pays. J’ai fait plusieurs papiers, qui sont sortis presque tous les jours. J’ai couvert beaucoup de sujets culturels, notamment le 30e anniversaire de la mort de Bob Marley, fêté en grand à Dakar, des expositions d’art, des débats sur le manque d’électricité, la polygamie…
Justement, le fait de m’être inventé un copain (un mari, plutôt, c’est moins choquant ici) commence à me servir. Déjà, être blanche, c’est quelque chose. Toujours cette image de l’occidentale, donc la richesse. En plus d’être une femme. J’ai mal, très mal à mon féminisme. Juste dans ma salle de rédaction, il n’y a que deux ou trois journalistes femmes sur une quarantaine! L’éducation aussi est précaire pour la gent féminine. Si, chez nous, ce sont les garçons qui décrochent, ici, ce sont plutôt les filles. Elles quittent souvent pour se marier, très jeunes (encore fréquemment dans des mariages arrangés). Peu d’entre elles occupent des postes de responsabilités, et leur rôle est encore de faire des enfants (plusieurs) et de tenir la maison.
Même le fait d’avoir un mari n’empêche pas les propositions. Un quart des mariages sénégalais sont polygames. On m’offre donc d’être la deuxième ou troisième. Les hommes peuvent avoir jusqu’à quatre femmes. Je réponds que je mérite d’être la seule et unique, et que moi aussi je veux avoir plusieurs maris. On me dit alors que c’est immoral et que je dois mériter d’être la seule et unique. Ouch. Oui, le Sénégal est définitivement une société patriarcale, où les femmes ont du chemin à faire…Je tente de prendre le tout à la blague, mais je trouve parfois cela lourd. Je n’ai pas vraiment d’amie, et si je me fais de nombreux amis, je ne sais jamais si c’est de façon désintéressée (ce que je voudrais pourtant…).
Je suis allée en reportage en banlieue de Dakar, le long de la côte, longue de 700 km. Nous avons fait plusieurs villages pour constater la «montée de la mer». En moins de 30 ans, celle-ci a monté de près de 50 mètres, effaçant des plages entières, détruisant plusieurs immenses maisons, engloutissant des moitiés de villages entiers et obligeant les gens à se déplacer. Intéressant et déchirant comme expérience. J’ai aussi constaté à quel point il était difficile de ne pas parler le wolof. Si le français est la langue officielle, le wolof est la langue officieuse, que tout le monde parle, tout le temps. Les gens moins fortunés et moins éduqués, précisément ceux que je vais rencontrer en reportage, ne parlent souvent pas français. J’essaie donc d’apprendre très fort le wolof.
Il y avait près de 100 mètres de plages qui séparait la falaise de la mer...
Je suis également allée à l’île de Gorée, à quelques minutes en bateau de Dakar. C’est incroyable de penser qu’on y a transigé et exploité des esclaves pendant près de 400 ans. Visiter la maison des esclaves, c’est lourd d’une histoire terrible. Mais c’est aussi une très jolie île, quand on sort de la zone touristique. Des gens y habitent, dans des petites maisons sous la terre, et tous vivent de l’art ou de l’artisanat. Bijoux, galeries d’art, statues. Ça fait du bien de sortir de Dakar.
Je ne sors jamais sans mon bloc-note, mon appareil photo et mon enregistreuse. J’écris ce que je vois, mes impressions, les choses qui me marquent. Je prends des sons, de la rue, de la mer, des appels à la prière. Je prends des images (je vais faire un super album bientôt, promis). J’essaie très fort d’écrire pour chez moi, parce que j’aimerais beaucoup parler de l’Afrique à mes concitoyens. J’ai un petit quelque chose bientôt, je vous tiendrai au courant…Mais collègues journalistes, aidez-moi si vous avez des idées, des contacts!!!
Je termine déjà mon premier stage cette semaine. L’AFP la semaine prochaine…J’espère que je pourrai aller autant sur le terrain!
Je planifie des voyages, dont un en Casamance. Cette région du sud du Sénégal, séparée par la Gambie (enclavée dans le Sénégal) est un peu ce que le Québec est au Canada. C’est-à-dire qu’elle revendique des droits et une identité distincte du reste du pays. Il y règne un conflit armé depuis plusieurs années, notamment à la frontière et dans certains endroits précis de la région. C’est par ailleurs, paraît-il, une magnifique région, très verte, avec de très beaux paysages à voir. J’ai bien hâte d’aller y faire un tour!
Be beneen, à bientôt!
Un triste exemple de la pollution...présente partout, même sur les plages
26 juin 2011 – Encore une fin…
À une semaine de mon départ de ce pays de la «teranga», j’ai déjà le coeur gros de le quitter. Surtout mon petit frère d’adoption, qui me manque déjà, et sa grand-mère, que j’apprécie beaucoup. Vivre dans cette famille était la meilleure chose qui pouvait m’arriver et m’aider à m’adapter à ce pays, pas toujours facile, mais que j’aime et que j’aurais voulu connaître davantage.
Je n’y étais pas en touriste, mais bien pour essayer d’y faire mon métier. Après le Soleil, où j’étais plutôt dans le local et le national, à l’AFP, je me suis retrouvée dans l’international. Un traitement bien différent des nouvelles, qui doivent être pertinentes pour le monde entier. Je m’y suis parfois ennuyée un peu ; à chaque stage il faut toujours refaire ses preuves, mais en rétrospective, j’ai bien aimé. J’ai fait de la réédition, de la traduction, on m’a envoyée sur le terrain, j’ai même voyagé à St-Louis, une très belle ville à 200km au nord de Dakar, pour y couvrir un festival de jazz.
Et que dire de la semaine du 20 juin 2011. Parfois, je doutais (et ça m’arrive encore) d’avoir choisi d’être journaliste. Internationale en plus. Mais les événements du 22 et du 23 août dernier m’ont confirmé ma volonté d’essayer. D’être au coeur d’un peuple qui se soulève massivement pour la première fois, d’être témoin d’un changement dans leur histoire ; comme je me sens chanceuse d’y être et de pouvoir en témoigner. Et pourtant, je me rends compte, chez moi, à quel point on s’en fou (combien d’entre vous êtes au courant? D’ailleurs, pour savoir à quoi je fais référence : http://bit.ly/kVErMO). Mais ce n’est pas moins important, et cela pousse encore plus ma détermination à en faire connaître davantage aux gens de chez moi et d’ailleurs, pour peut-être éventuellement les influencer à eux aussi, changer, à prendre en mains collectivement leur destin. J’en ai parlé à tous les médias, avant que ça se passe, mais rien. Désolant, et significatif du traitement médiatique que l’on accorde à ce qui se passe plus loin que le bout de notre nez. Je le savais, mais maintenant que j’y suis confrontée, je le réalise encore plus. Mais je ne désespère pas. Je suis motivée, et j’y crois. C’est l’important non?
Après la rue et les bombes lacrymogènes, la plage. Un petit 24h à Toubab Dialo, à 45 minutes de Dakar, pour me ressourcer, me promener le long de plage et goûter à un coin du Sénégal, probablement le dernier avant que je ne le quitte.
J’ai rencontré des gens formidables, fait des choses et traité des sujets vraiment intéressants. Je sens que j’en aurais encore tant à faire, tant à connaître! Mais j’espère y revenir. Je crois que j’ai eû la piqûre du Sénégal, et du contient, et j’y remettrai certainement les pieds.
Prochaine étape ; Paris. Monde Diplomatique. J’ai hâte de voir ce que j’y ferai. J’y reverrai des amis français, et même une copine québécoise en visite. Me retrouver à Paris après Dakar me dépaysera certainement, même si je connais…Je vous en reparle.
Et vous, quoi de neuf?
La fin (presque)
Paris, -1000 degrés, de la pluie tous les jours, un stage tranquille...Disons que ça change de Dakar. Le Sénégal, où ça continue de chauffer, et où j'aimerais bien être...Entre là-bas et Montréal, chez moi, je me sens bien étrange à Paris, comme en transition. Mais je tente quand même de m'impliquer dans mon stage, et de profiter de Paris...sous la pluie. Ça me donne tout de même l'occasion de revoir des amis de Lille, en stage eux aussi à Paris. J'ai également l'une de mes meilleures amies, Nadine, qui est venue me voir. Je dois avouer que ça a fait un bien immense à mon âme.
Au programme, un concert, une soirée avec des parisiens bien sympathiques, et une fin de semaine à Bruxelles, chez mon amie Pauline, l'une de mes colocataires de Lille, qui a joué les guides en nous montrant sa belle ville. Déambuler dans les rues de cette petite capitale, manger des moules-frites et déguster une variété de très bonnes bières ; ce fut complet! Un dernier voyage européen bien agréable avant le retour au bercail.
J'ai d'ailleurs hâte de rentrer...Probablement pour repartir un jour. Je crois que le voyage fait partie de moi, et que je ne pourrai m'en passer très longtemps. Pouvoir l'allier à mon métier serait l'idéal. En attendant, un dernier semestre m'attends à Québec. Un dernier coup avant de pouvoir me consacrer entièrement à mon métier.
Trois continents, sept pays, des dizaines de villes, plusieurs rencontres déterminantes, ces derniers mois ont été riches en émotions et en découvertes, à tous les niveaux. Un grand voyage, dont j'ai tenté de profiter au maximum. Mais je ressens le besoin de refaire le plein avant de nouvelles aventures. Voir ma famille, mes amis, et Montréal. J'ai beau avoir visité plusieurs villes, Montréal, même objectivement, reste l'une de mes favorites, et elle me manque.
Merci d'avoir suivi mes aventures. Je continuerai probablement de mettre des réflexions personnelles sur ce blogue cet automne. Même si je n'étais pas très régulière, j'y ai tout de même pris goût!
A bientôt!
Gab
Je n'avais pas l'adresse, mais là, j'ai tout lu et t'es dans mes favoris. Champagne et confettis!
RépondreSupprimerxxx
Wow! Coucou la grande voyageuse! J'ai hâte de venir vous voir!!! amusez-vous bien!!!
RépondreSupprimermimi
xxx
Wahhhhhh Tu as l'air de tripper!!
RépondreSupprimerJe suis un peu jalouse oui!
Profite au maximum et continue à nous écrire!!!
Émi xx
Wow Gab !! Que c'est agréable de te lire. Tu sembles vraiment vivre une expérience unique. J'avoue que je t'envie un peu... De mon côté, je survis au mois de janvier après m'être cassé la clavicule et avoir eu la gastro. Avoue qu'après mes mésaventures, tu t'ennuies pas tant que ça du Qc ? Je t'embrasse. Fais attention à toi et prends un verre ou quelques uns pour moi :o)
RépondreSupprimerÉmilie, Félix et Léa
Ma toubabou d'amour!
RépondreSupprimerJe m'ennuie de toi et de ta drive contagieuse! Inspirante, l'Afrique, hein? Et dis-toi que chaque pays l'est tout autant, mais à sa propre façon! Wahou!
Bons baisers de Kigali.
Caro, la muzungu
intéressant, j'ai aimé
RépondreSupprimerVraiment bien Gabrielle tes propos au sujet de temps de choses différentes et toutes aussi intéressantes les unes que les autres Tu sais tellement les présenter avec enthousiasme tes aventures, tes rencontres, tes péripéties qu'on se croit à tout coup en train de lire un roman. Ça fait plaisirs de voir que la petite fille que j'ai connue à six ans sache si bien se débrouillé et soit si courageuse.Continue je suis une admiratrice. Gros bisou et à toute ta famille aussi.
RépondreSupprimerMarcelle Viens